Les 4 accords sont des piliers

Comment les 4 accords toltèques vont au secours de l’enseignant

Vous aimeriez être plus serein au travail ? Avoir la possibilité de prendre plus facilement du recul par rapport aux événements ? Être plus « philosophe » ?

Dans son livre « Les quatre accords toltèques », Don Miguel Ruiz propose des outils simples et durablement efficaces afin d’améliorer les relations et de se sentir mieux avec soi-même.

Voici quatre accords à passer avec soi-même pour enrichir son quotidien d’enseignant !

Note : L’emploi massif du masculin dans mes formulations permet une simplicité de lecture mais n’est en rien relié à mes convictions personnelles… !

Passer des accords

Tout au long de notre vie, nous passons des accords avec nous-mêmes.

Passer un accord avec soi signifie adhérer à une croyance, avoir une conviction sur un sujet précis.

Cela signifie aussi que nous vivons les événements par le prisme de cet accord. Ainsi, nous interprétons ce qui nous arrive en fonction de ces principes.

Par exemple, j’ai intégré à l’intérieur de moi l’idée que « c’est mal de ne pas corriger les évaluations assez rapidement ». J’ai passé cet accord avec moi-même, donc à chaque fois que je mettrai plus d’un jour ou deux pour corriger des devoirs, je me jugerai durement, avec mésestime.

Passer un tel accord, strict et exigeant, génère de la contrainte et des pensées négatives, une dépréciation de sa propre valeur.

L’auteur appelle cela « le poison émotionnel ».

Dès que nous pensons à mal, que nous sommes sévères, avec nous-mêmes ou avec les autres, nous générons du poison émotionnel.

Et ce poison est particulièrement contagieux.

Tout l’enjeu est d’apprendre à :

  • Ne plus s’intoxiquer avec ce poison que l’on fabrique envers soi-même
  • Ne plus contaminer les autres avec ce poison qu’on leur envoie, parfois sans même y songer

Voyons comment se défaire des accords qui nous limitent et nous accablent, puis quels nouveaux accords mettre en place afin d’être libérés et plus créatifs !

Les quatre accords Toltèques

Premier accord : « Que ta parole soit impeccable »

Ce premier accord issu de la sagesse toltèque est de loin le plus important, mais aussi le plus difficile à respecter.

Avant de prononcer des mots, la première parole que nous ayons est issue d’un dialogue intérieur. D’abord nous formulons une idée dans notre tête, puis nous l’exprimons, en parlant.

La parole indique, au monde à l’extérieur de nous, quels sont nos mouvements intérieurs. Elle donne vie à nos pensées. Et elle impacte ceux qui la perçoivent, y compris nous-mêmes.

L’adjectif « impeccable » signifie littéralement « sans péché ».

Dans le livre de Don Miguel Ruiz, il est employé dans son sens laïc, et signifie avant tout « qui ne nuit pas ». Le plus grand péché à commettre selon l’auteur est de se nuire à soi-même, en se jugeant durement, en ayant envers soi une opinion négative.

Avoir une parole impeccable signifie donc formuler des idées qui ne nuisent à personne, et en particulier pas à soi-même.

Ainsi, honorer ce premier accord implique de dire la vérité, et également d’être tolérant, envers soi d’abord, et envers les autres ensuite.

Pourquoi est-ce intéressant pour moi d’avoir une parole impeccable ?

> D’abord, avoir une parole impeccable exige d’être juste avec soi-même.

Se dénigrer, se sous-estimer, s’en vouloir, être (trop) exigeant sont autant de façon d’être injuste avec soi.

L’opportunité d’avoir des jugements négatifs sur soi est fréquente, quand on est enseignant : les missions sont immenses et de plus en plus importantes chaque année ; il est tentant de s’identifier aux milliers d’autres enseignants qui semblent « faire mieux ». Ou davantage.

Dans ce métier, on peut toujours faire mieux et davantage.

Soigner sa parole intérieure permet d’honorer le travail accompli de manière légitime et appropriée ! Reconnaître sa juste valeur est un beau cadeau à se faire.

> Ensuite, lorsqu’on enseigne, avoir une parole impeccable permet d’être un modèle inspirant.

Utiliser sa parole pour valoriser le positif et dire la vérité est un solide exemple à donner à ses élèves. Et aux adultes alentour !

Voilà qui est valorisant !

Pourquoi est-ce intéressant pour les autres que j’aie une parole impeccable ?

> Avoir une parole impeccable implique de ne rien dire qui puisse nuire aux autres.

Pourtant, comme ça fait du bien de vider son sac en salle des profs en racontant théâtralement la dernière idiotie d’untel… Et voilà qu’un collègue surenchérit, et une autre également !

Il est nécessaire et rassurant de partager ces moments entre confrères. Pourtant, on peut rester factuel et à l’écoute de ses réels besoins.

Quelle est la vraie demande, au fond ? Critiquer exagérément une personne, un événement ? Ou se sentir écouté et soutenu dans un moment d’agacement ?

Soigner sa parole permet toujours de revenir à soi, et d’être aussi bienveillant que possible envers soi-même, et ainsi envers les autres.

> Avoir une parole impeccable nous évite de répandre du poison émotionnel.

A cet élève qui ne semble jamais se mettre au travail, on aurait bien envie de dire que c’est un bon à rien.

Et s’il nous croit ? Et s’il l’entend à longueur de journée ?

Alors, rapidement, il va passer un accord avec lui-même, certifiant qu’il n’est effectivement bon à rien. Et cette croyance l’accompagnera tant qu’il n’aura pas une expérience de réussite. Ou plusieurs, d’ailleurs, car malheureusement le négatif entre en nous bien plus facilement que le positif.

L’impact d’un enseignant sur chacun de ses élèves est considérable, c’est une responsabilité à considérer avec sincérité.

Ecoliers
Soignez votre parole et valoriser le positif avec vos élèves

Deuxième accord : « Quoiqu’il arrive, n’en fais pas une affaire personnelle »

Les trois prochains accords sont tous des corollaires du premier.

Ne pas prendre les choses personnellement signifie que l’avis des autres ne nous appartient pas. Nous n’avons pas besoin de modifier nos croyances en fonction de celles des autres.

En effet, autour de nous, certaines personnes déversent leur poison émotionnel sur nous. A nous de choisir s’il nous atteint ou pas.

Pourquoi est-ce intéressant pour moi de ne pas tout prendre personnellement ?

> Ne pas faire une affaire personnelle de tout ce qui arrive permet d’être serein.

Par exemple, je reçois le message d’un parent qui critique mon organisation, car il est certain que je ne finirai jamais le programme à temps dans ces conditions et que c’est très grave.

Se laisser impacter par les plaintes d’un parent d’élève, c’est être contaminé par son poison émotionnel. Si j’en fais une affaire personnelle, alors je vais adhérer à l’idée que je suis incapable de finir mon programme, que mes idées sont mauvaises et que mon organisation est inefficace. Je vais avoir envie de me défendre, de m’excuser, ou de l’agresser avec une réponse acerbe.

A l’inverse, si je n’en fais pas une affaire personnelle, alors j’accepte ses croyances au sujet de ma façon de travailler. Très bien, cette personne est libre d’avoir ces idées-là. Mais moi, je continue de croire que mon travail est réfléchi et structuré du mieux possible et que mes élèves en tirent d’importants bénéfices.

Pourquoi est-ce intéressant pour les autres que je ne prenne pas tout personnellement ?

> Ne rien prendre personnellement, c’est inviter les autres à nous laisser tranquilles.

Tenir des propos blessants, être agressif ou moqueur, critiquer en permanence, …

Voici autant de façon qu’ont les gens de déverser leur poison émotionnel autour d’eux.

Le but est d’évacuer ce poison en le donnant à quelqu’un d’autre.

Si nous gardons un certain détachement face au poison émotionnel des autres, alors ils détournent leur attention ailleurs, là où leur poison sera reçu.

Nous savons bien qu’en tant qu’enseignant, notre réputation nous précède toujours, tant auprès des enfants, que de leurs parents ou même des collègues. Cette profession est exposée aux jugements et aux critiques.

Par exemple, il est arrivé que certains élèves médisent de moi, dans le but de me « tester » en début d’année, de me troubler, de vérifier le pouvoir qu’ils ont sur moi.

Si j’en fais une affaire personnelle, si je me laisse toucher par leurs dires, je leur offre un pouvoir inestimable sur moi. Et ils s’en serviront très probablement.

Si je choisis de ne pas en faire une affaire personnelle, si l’avis de jeunes gens à mon sujet ne m’impacte pas, alors leur intérêt sera assez sûrement détourné. Et je serai plus tranquille !

Ne pas en faire une affaire personnelle
Ne prenez pas les choses personnellement

Troisième accord : « Ne fais pas de suppositions »

Ne pas faire de suppositions implique de toujours rechercher la clarté et la vérité.

Il s’agit d’une part d’apprendre à poser des questions, pour être sûr de bien comprendre ce que l’autre veut dire, quelle est sa vérité. En reformulant ce que nous avons compris, nous pouvons nous assurer d’être sur la même longueur d’onde. Il n’y a alors plus de place pour les suppositions.

D’autre part, il s’agit de vérifier que l’autre sait bien ce que je pense qu’il sait… Vous saisissez ?

Souvent, nous supposons que l’autre a une connaissance bien précise de ce que je pense, ce que je crois, ce que je souhaite. Mais c’est loin d’être toujours le cas, et cela mène à des quiproquos. En faisant l’effort de vérifier que notre message est correctement parvenu à notre interlocuteur, nous ne faisons plus la supposition incertaine qu’il a compris, et nous lui évitons également…de faire des suppositions à notre sujet !

Pourquoi est-ce intéressant pour moi de ne pas faire de suppositions ?

> Ne pas faire de suppositions permet d’être juste, envers soi et envers les autres.

Ne pas faire de suppositions permet de ne pas m’encombrer de fausses croyances, douloureuses, gênantes, et d’être claire avec les autres.

La recherche systématique de la vérité, en posant des questions aux gens qui m’entourent, m’évite de ressasser de sombres présomptions à mon sujet.

Par exemple, en classe, j’entends des élèves ricaner dès que je me retourne pour écrire au tableau. J’ai l’impression immédiate qu’ils se moquent de moi dans mon dos.

Si j’accepte cette supposition comme étant vraie, je vais me sentir gênée, peut-être honteuse, et certainement agacée.

Si je ne fais pas de supposition, alors je demande à ces élèves s’ils se moquent de moi ou si c’est autre chose qui crée ces bruits gênants. Je leur donne ainsi l’occasion d’être honnêtes et de me libérer de ma croyance si elle est erronée. Je peux alors agir en conséquence, de façon légitime et juste.

Pourquoi est-ce intéressant pour les autres que je ne fasse pas de suppositions ?

> Ne pas faire de suppositions permet de ne véhiculer que la vérité.

Tout comme on apprend avec les différents médias à se méfier des fake news, apprenons à traquer la vérité dans les moindres recoins de nos journées.

Par exemple, face à un élève qui refuse de travailler, nous sommes libres de penser qu’il ne nous aime pas, ou qu’il agit ainsi pour nous ennuyer. C’est une simple et superbe supposition, qui ne crée que de la crispation et de la rancœur en nous.

Comment en sortir ?

En interrogeant cet élève, en essayant de le comprendre, si cela est possible.

Peut-être découvrirons-nous alors qu’il a des soucis à la maison, qu’il a trop peur d’échouer pour essayer, les possibilités sont infinies. D’où l’importance de vérifier nos hypothèses.

Plus intéressant encore, si nous obtenons des informations sincères, alors nous pourrons en discuter avec nos collègues de manière sûre, sans transmettre de fausses informations.

Accéder à la vérité nous permet d’avoir une parole impeccable !

Pour résumer, ne pas faire de suppositions permet aux meilleures possibilités d’arriver.

Si nous filtrons tous les événements de notre journée à travers des croyances tristes et pessimistes, nous ne focaliserons notre attention que sur le triste et le négatif afin de renforcer cet accord. Le cerveau humain est un expert pour renforcer ses postulats, et cela porte un nom : « le biais de confirmation ».

Ainsi, si nous filtrons tous les événements de notre journée à travers le prisme de la vérité, nous voilà bien plus légers et capables d’accueillir toute éventualité, même la plus joyeuse ! Le biais de confirmation fonctionne également avec les pensées positives !

Supposition
Si vous ne savez pas, essayez simplement de poser la question

Quatrième accord : « Fais toujours de ton mieux »

Il s’agit enfin de toujours faire de son mieux pour respecter les trois premiers accords !

Faire de son mieux permet de se satisfaire des progrès que nous faisons à chaque instant, de valoriser les efforts réalisés, sans ressasser ce qu’il reste encore à faire.

Par exemple, chaque jour nous apprenons un peu mieux à intégrer les accords toltèques dans nos habitudes. Ce ne sera pas parfait du jour au lendemain, c’est certain. Et c’est très bien ainsi. Faire de son mieux est nécessaire, mais aussi amplement suffisant !

Il est solidement valorisé de montrer un fort dévouement à son activité.

Ainsi, il est commun de dépenser beaucoup, voire trop d’énergie à faire ce qu’on attend de nous.

Ce dernier accord, « fais toujours de ton mieux », permet également d’éviter de se fatiguer inutilement à faire davantage que ce qui est suffisant.

Pourquoi est-ce intéressant pour moi de toujours faire de mon mieux ?

> Toujours faire de son mieux permet d’être fier de soi !

A cause de la charge de travail exponentielle demandée, et la facilité à se comparer à d’autres enseignants, surtout ceux qui trouvent le temps de tenir un superbe blog à jour, parsemé d’activités intelligemment pédagogiques et profondément ludiques (et tout en élevant quatre enfants), le sentiment d’efficacité et la satisfaction au travail sont souvent mis en défaut dans nos métiers.

Décider en son for intérieur que notre mieux est suffisant à chaque instant permet de se libérer du poids de tout ce qui n’a pas été fait, ou pas aussi bien, ou pas à temps, ou pas comme les autres. Abandonnons l’habitude de nous juger pour tout ce qui manque.

Prendre du temps pour considérer le travail accompli est un bien meilleur moteur pour être fier de soi et prendre davantage de plaisir dans les activités professionnelles !

Pourquoi est-ce intéressant pour les autres que je fasse toujours de mon mieux ?

> Faire toujours de son mieux est un exemple fondamental à offrir aux élèves.

Lorsque nous faisons de notre mieux, d’une part nous leur montrons que l’engagement et les efforts sont nourrissants. L’investissement de chacun est profitable à tous. Cette attitude de la part de l’enseignant est nécessaire pour les inciter à faire eux-mêmes de leur mieux.

Et d’autre part, ce peut aussi être l’occasion de leur prouver qu’on peut se pardonner de ne pas faire plus que son mieux. Cela signifie qu’il est important de s’impliquer vraiment dans nos tâches, mais qu’il est inutile d’aller au-delà de nos possibilités.

Pour finir, reconnaissons que notre potentiel évolue à chaque instant. Un jour notre meilleur est excellent, et le lendemain, fatigués, contrariés, notre meilleur est un peu moins performant. C’est ainsi et il est plus fertile de le reconnaître avec bienveillance que de lutter avidement contre notre cyclicité.

Faire de son mieux
Essayez toujours de faire de votre mieux

L’essentiel en quelques mots

Finalement, passer ces quatre accords toltèques avec soi-même est une invitation à la sincérité.

D’abord et avant tout, c’est une relation interne à construire. Etre honnête envers soi est un prélude indispensable à l’adoption de ces nouvelles croyances. Notre parole peut commencer à être impeccable dans notre dialogue intérieur, pour cesser de nous juger durement. Rester justes avec nous-mêmes permet d’être justes envers les autres.

Créer des liens est au cœur des missions de l’enseignant. Ces nouveaux principes permettent d’établir des relations saines, authentiques et inspirantes, aussi bien avec les élèves, leurs parents, les collègues ou la direction.

Bien sûr, cela prend du temps. Heureusement, le dernier accord toltèque permet de nous satisfaire patiemment de chaque avancée, en mesurant joyeusement le chemin parcouru !

Les 4 accords Toltèques, synthèse

2 réflexions sur “Comment les 4 accords toltèques vont au secours de l’enseignant”

  1. Bonjour, je suis mexicaine et j’ai lu le livre il fait déjà plus de 12 ans. et ma changé vraiment la vie, il fait 2 ans que j’ai donné en cadeau à ma belle mère (c’est passe très mal avec elle) j’espère quelle le va prend pour bien elle est une personne vraiment ferme, sévère, elle parle sans faire attention à le quelle dit c’est horrible mais elle est age +73 ans je pense que jamais va changer…. Très belle sintesis vous avez fait sur le livre.
    Merci

    1. Bonjour Crys,
      Merci pour votre commentaire !
      J’ai lu ce livre pour la première fois il y a très longtemps aussi, et je pense à ces accords tous les jours.
      C’est une belle initiative de l’offrir, même si on ne peut jamais forcer les autres à changer !
      Je vous souhaite beaucoup de bonheur !
      Au plaisir,
      Laureline

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